Dominique Sampiero
Nous cherchons toute notre vie le livre qui sera notre
père, notre mère, la fin de toutes nos peurs
le livre né d’une chair qui ne meurt jamais et dont chaque
neige palpite avant de fondre entre nos mains
le livre infini pour sécher nos larmes après avoir ouvert
toutes nos blessures
un livre que nous haïssons parce qu’il ne vient jamais et
qu’à force de courir après le vent, nous vivons aussi transparents que l’air
***
Nous cherchons toute notre vie le livre capable de nous
dire qui nous sommes et où nous vivons
ce que nous allons devenir après le dernier souffle entre
les bras blancs de papier
un livre cocon qui nous ferait passer de l’invisible à l’ici,
en devenir pour toujours.
***
On nous l’a dit dans l’enfance. On nous l’a répété. On l’a
appris à l’école. On ne vit pas toute sa vie dans les livres.
On ne vit pas toute sa vie dans des avions, dans des bateaux.
On ne vit pas toute sa vie dans les arbres ou dans les yeux du ciel.
On ne vit pas toute sa vie autour d’une décision qui prendrait la place de notre corps,
nous enfermerait dans une seconde peau plus vaste que la première.
Extrait de : La vie éternelle / Dominique Sampiero ; frontispice de Godelieve Simons – Le Taillis Pré, 2025
Nous pourrions hurler. Nous chantons. Nous pourrions
nous écrouler. Nous nous redressons. Nous pourrions fuir.
Nous nous embrasons.
Les regards s’emboitent en silence. Une flamme dans
notre dos empêche les ténèbres de vaincre.
***
Les arbres respirent à l’intérieur et ça se prolonge à l’intérieur de nous.
Ceux qui vivent ici se reconnaissent par la plus haute note
de leur visage émacié, écho charnel taillé à vif. Par une absence
de regard en guise de consentement au vaste.
***
La nuit est tombée sur les mots. Ma bouche est engrossée
d’un silence qui éloigne mon corps de mes mains. Trop de lumière
aveugle l’intime.
La nuit est plus forte que le jour. J’ai beau ouvrir les yeux il
fait sombre. Je ne distingue qu’un manque d’amour. Je cherche
des yeux tous les gestes de tendresse, rien. Comment l’enfance
a-t-elle pu gommer tout ça, ce qui fait le plus précieux d’un
homme ? Me suis-je convaincu ?
Il pleut en Juillet.
***
Nous nous simplifierons jusqu’à la moelle.
Et ce sera bien ainsi.
Il suffira de descendre le ciel à pied.
Pour que la nuit ouvre pour toujours ses volets.
Extrait de : Retour au nous végétal / Dominique Sampiero ; gravure de Dominique Kermène Éditions de Corlevour, 2026
Corps des nuits blanches posé ici, entre la fougère et le bouffant, oiseau d’un soupir bref, pupilles d’une fragilité remontée de cet espace inventé de toutes pièces par nos rêves.
S’accrocher à la corde d’une phrase, hisser le regard plus haut dans le tourbillon des mots.
Ne rien attendre des bouches en feuilles mortes, des lectures encrassées de pensées raisonnables, pas comme ci, pas comme ça, des intentions refoulées mais plus acérées que les clous sur la croix.
Suivre des yeux l’invisible et ses lèvres d’or, la fulgurance scrutant notre visage à venir. La fenêtre est parole ouverte ou fermée. Elle nous apprend à laisser scintiller le jour sur chaque objet posé à plat entre les pages.
Nous vieillissons seulement quand nous oublions de naître, éblouis par le soleil d’une mort plein Sud, imaginant, de long en large, la peur dont il faudra endosser le coma, convaincus d’un effondrement net de la douleur au dernier souffle, conscience recherchant du bout des doigts et mot à mot, l’espoir du passage, l’arc en ciel de notre dernier regard dans un espace ignoré jusqu’alors, ou seulement pressenti, deviné, chevreuil enfin évadé de sa forêt charnelle.
Tranquille, une lumière de main posée au bord de la page. Animal tapi dans l’encoignure de l’ici.
Dans la chambre où les murs n’existent pas, le centre du cœur dort en plein jour. Son silence, cercle enneigé, ponctuation du regard décroché du corps.
Extrait de : Désordre forestier (inédit)
Biographie
Dominique Sampiero est écrivain, poète et scénariste. En 1998 et en 2024, il écrit deux scénarios sur des sujets sensibles : l’école et l’adoption : Ça commence aujourd'hui (Prix international de la critique à Berlin) et Holy Lola, réalisés par Bertrand Tavernier. Le scénario de Fils unique a été réalisé par Miel Van Hoogembent en 2013 et a reçu le prix du jeune regard au festival d’Arras. Dominique Sampiero est membre de l’académie des César depuis 2004. Il explore la création littéraire et obtient une première consécration de son écriture poétique avec La vie pauvre (Prix Max Pol Fouchet – Éd. La différence, 1992) et de son écriture romanesque avec Le rebutant (Prix du roman populiste – Gallimard, 2003). Il reçoit le prix Robert Ganzo (Étonnants voyageurs) pour La vie est chaude et l’ensemble de son œuvre en 2014. Son expression parcourt différentes formes d’écriture en restant fidèle aux personnages et aux thèmes de son univers poétique : les vies lumineuses et minuscules, celles des invisibles et des taiseux. Mais aussi les sites fondateurs de la région du Nord et de la France en général : le paysage comme utopie.
Bibliographie
*** à paraître - Du ciel à mes épaules et autres poèmes - Gallimard - collection poche ***
Parmi les derniers ouvrages de l’auteur :
Poésie
Femme penchée à la fenêtre - La rumeur libre, 2026
La dernière pluie – L’herbe du tremble, 2026
Retour au Nous végétal - Éditions de Corlevour, 2026
La vie éternelle – Le Taillis Pré, 2025
Mon âme ne roule pas en Audi – L’herbe qui tremble, 2024
Le wagon qui ne voyage que la nuit – La boucherie littéraire, 2023
Inventaire du vide comme neige et fleurs non répertoriées - Éditions de Corlevour, 2023
On écrit un poème pour embrasser - Éditions Le loup bleu, 2023
Lady ciel - La boucherie Littéraire, 2021 - collection carné
Je suis sur des braises en attendant ton retour - Éditions Phonofaune, 2021 (Livre CD Jazz)
L’autre moitié de ton corps - Al Manar éditions, 2020
Ne dites plus jamais c’est triste - La boucherie littéraire, 2020
Où vont les robes la nuit - La boucherie littéraire, 2018 - Prix CoPo 2019
Premier tome œuvre intégrale – La rumeur libre, 2016
Pensées de Porcelaine noire - La rumeur libre, 2016
Avant la chair - Éditions Le Passeur, 2015 - collection Hautes Rives
Chambres - Editions Æncrages and Co, 2014
L’étui noir / photographies de Patrick Devresse - Éditions GLC, 2014
Les jardins endormis - Éd Henri des Abbayes, 2014
La vie est chaude - Bruno Doucey, 2013 - Prix Omar Khayyam
Bégaiement de l’impossible et de l’impensable – Lettres vives, 2012
Étude pour Saint Dominique. Henri Matisse - Éditions Invenit, 2011
Le maître de la poussière sur ma bouche – Lettres vives, 2009
Carnet d’un buveur de ciel – Lettres vives, 2007
Evening Land / photographies de B. Descamps - Éd Filigranes , 2002
Patience de la blessure – Lettres vives, 2002
Celui qui dit les mots avec sa bouche – Gallimard, 2002 – collection L'arbalète
Âme sœur - Marais du Livre éditions, 2001
Sainte Horreur du poème – Lettres vives, 2001
L’idiot du voyage – Gallimard, 2001 - collection L’arbalète
Un livre s’écrit tôt le matin – Gallimard, 2000 – collection L’arbalète
Nouvelles
Trois tranches de pain perdu – Éditions Cours toujours, 2019
Territoire du papillon - Alphabet de l’espace , 2009
Récit
Femme buvant dans une cour - Flohic, 2000
Romans
L’odalisque – Flammarion, 2000
Le sentiment de l’inachevé - Éditions Gallimard, 2016
Les encombrants – Grasset, 2009
La petite présence – Grasset - 2006
Holy Lola – Grasset, 2004
Le dieu des femmes – Grasset, 2004
Le rebutant – Gallimard, 2003 - Prix du Roman Populiste
Les fruits poussent dans les arbres – Flammarion, 2002
Littérature jeunesse
Le wagon qui ne voyage que la nuit - La Boucherie littéraire, 2024
La petite fille qui a perdu sa langue - Gallimard jeunesse, 2016 - collection Giboulées
Les bébés ont un goût salé - Rue du Monde, 2014
Nuit Claire - Ville de Guyancourt, 2013
Malo-Maloup - Création résidence Bretagne, 2013
Le bruit des vagues – Bayard, 2012 – collection Je bouquine
Le jeu des 7 cailloux - Grasset Jeunesse, 2011
Les anges n’ont pas de sexe - La Martinière Jeunesse, 2006 - Prix Tatoulu 2007
Contes de la page claire - Alfil éditions, 2001 - France Culture. Atelier du perce oreilles
Tête à flaques - France Culture. Atelier du perce oreilles, 2001
Poule ou coq - France Culture. Atelier du perce oreilles, 2001
P’tite mère – Rue du Monde, 2001 - Prix Sorcière 2003 & Prix Marguerite Audoux 2004 des collèges
Théâtre
La révolte des outils - Forbach, 2000
Épreuve de la terre - Production France Culture, 2000
Comment ça va avec les larmes - Journées de l’éloquence Aix, 2019
Sparkling Letters Création Ligne de front, 2014
Known unto God ou l’incroyable histoire de monsieur Topowski - Éditions Invenit, 2014
La valse de tes yeux La compagnie. Mise en voix : Saverio Maligno, 2013
Tchat Land - Création Ferme Bel Ebat, 2013
Le bleu est au fond - Création en Coglais. Bretagne, 2013
Celui qui dit les mots avec sa bouche - Théâtre Molière, 2002
P’tite mère - Compagnies Vies à Vies / Avignon, 2012
Scénari & Longs métrages
Fils unique - Réalisation Van Hogenbemt - Entre chien et Loup., 2012 - Prix Jeune regard Festival d’Arras
Holy Lola - Réalisation Bertrand Tavernier, 2003 - Prix international de la critique
Écriture et réalisation Courts métrages
Beauté - École de la deuxième chance, 2018 (8 mn)
Nous sommes tous Antigone / Image Anaïs Boudot, 2017
Je vote pour - Prod Valenciennes, 2016 (16mn)
Les âmes craintives - Prod Jean Rostand, 2016 (Écriture et réalisation : 16 mn)
Sparkling Letters – 2014 (Création ligne de front : 13 mn)
La dormeuse - Prod Association du Pôle, 2013 (Écriture et réalisation : 13 mn )
On est méchant avec ceux qu’on aime - Prod Jean Rostand, 2010 (Écriture et réalisation : 12 mn)
Notre dame des Locques - Prod Jean Rostand, 2004 (Écriture et réalisation : 8 mn)
Livres d’artistes
Parler ciel / dessins et collage de Béatrice Angebert - Éd. Ici Nulle part, 2023
L’enfant aux yeux de lay / dessins de François Andes. – Éd. Ici Nulle part, 2023
Comportement du ciel et de la terre / peintures de Cédric Carré. – Éd. Ici Nulle part, 2023
Gens de la fenêtre / gravures de Johan Vaurs – Éd. Ici Nulle part, 2022
Le baiser du paysage / leporello avec des photos de Frémiot – Éd. Ici Nulle part, 2022
La vie éternelle / peintures de Jean-Marc Brunet – Éd. Ici Nulle part, 2021 - collection geste
Fleurir la neige / gravures de Nathalie Grall – Éd. Ici Nulle part, 2021
Troublant tumulte / cyanotypes de Jacques Van Roy – Éd. Ici Nulle part, 2020
Le désir de la lettre / avec Jean Baptiste Sibertin Blanc et 4 Verriers – Éd, Ici Nulle part, 2020
Altérité - Livre miroir avec Quentin Carnaille – Éd. Ici Nulle part, 2020
Ciel Moleskine / peintures de Germain Roesz – Éd. Ici Nulle part, 2020 - collection boîte à bijoux
On écrit un poème pour embrasser / gravures de Buondelmonte – Éd. Ici Nulle part, 2021
Journal cousu sur la peau / peintures de Didier Gérard Serée – Éd. Ici Nulle part, 2020
Corps d’habitation / peintures de J Liron – Éd. Ici Nulle part, 2020 - collection boîte à bijoux
Lady Ciel / peintures de Didier Majewski – Éd. Ici Nulle part, 2020 - collection boîte à bijoux
L’autre moitié de ton corps / avec Joël Leick - Al Manar, 2020
Dominique Sampiero a également contribué à de nombreuses anthologies
Patienter sous les nuages
Richard Rognet
Gallimard, 2024
« Toujours ce même combat au coeur des ténèbres.
Pas de pitié, pas de gratitude, pas de consolation.
On s’acharne à tout contredire alors que volent en éclats
les miroirs où aucun de nos gestes n’a su prendre le temps
de s’allier aux mouvements si purs des plantes, des herbes,
des fleurs, chères à ceux qui aiment tant se pencher sur elles
et se persuader que routes, chemins, sentiers, espèrent
des pas précautionneux et des regards aussi limpides
que ceux qu’adresse le ciel à l’obscurité maladive de nos paroles. »
Des proses sensibles et pleines de charme où la voix du poète se bat contre les tourments et résonne comme les pas au cours d’une promenade élégiaque dans les quatre saisons. [note de l'éditeur]
Ciel à perdre ; suivie de, Le jardin des hommes
Aksinia Mihaylova
trad. du bulgare par Dostena Lavergne et Aksinia Mihaylova
préface de Guy Goffette
Gallimard, 2021
Extrait :
« Blanc
J’étais la part féminine
de ton ombre,
celle qui pousse de ton talon gauche.
Je suivais en permanence
tes hésitations, tes peurs
je tournais habilement les rames
je me couchais dans tes pieds
ou bien liée au mât
je buvais de ton vin
et c’est ainsi que je traversais les détroits
de la tristesse.
De nuit, tu me reconnaissais
tu m’appelais avec des noms différents
et me semais au fond
des entrailles féminines du hasard.
Je n’ai pas tissé de voiles,
j’ai cajolé des mots
mais les maréesdes mots sont versatiles ;
maintenant je ne suis ni l’eau
ni la terre ferme
ni la maison
où tu peux revenir. »
Née en Bulgarie, Aksinia Mihaylova qui enseigne le français à Sofia où elle vit, s’est fait connaître à nous d’une façon étonnante et imprévue : pour son premier recueil Ciel à perdre paru en France dans la collection Blanche en 2014 et écrit directement en français, elle obtient à l’unanimité la consécration du Prix Apollinaire que suivra celle, peu après, du Prix Max Jacob pour Le baiser du temps publié chez Gallimard également. Nul doute, comme le dit Guy Goffette dans la préface de ce volume, que ces suffrages unanimes signalent une œuvre rare. De fait Mihaylova avait déjà publié depuis 1994 plusieurs recueils en bulgare qui l’avaient imposée comme une voix majeure en son pays, et elle était traduite dans une vingtaine de langues, du japonais au turc... On comprend pourquoi dès qu’on la li t: sa poésie a une exceptionnelle capacité à susciter d’emblée l’empathie, ne parlant certes que du commun de nos vies, l’amour, la mort, la nature, le temps mais réalisant le tour de force de le faire en évitant tous les clichés et pièges du pathos ou de la sentence. [note de l'éditeur]
Coup de coeur - Peinture 1
Fabrice Rebeyrolle
Fabrice Rebeyrolle est artiste-peintre et graveur. Depuis plus de 40 ans, son travail est exposé tant en France qu’à l’étranger dans des galeries, musées et centres d’art et représenté dans les principales foires internationales d’art contemporain. Éditeur et graveur, il est fondateur des Éditions Mains-Soleil. Actuellement, il vit et travaille à Issoudun (France)
https://www.editionsmains-soleil.com/fabricerebeyrolle-accueil
Coup de coeur - Peinture 2
Jean-Marc Brunet
Jean-Marc Brunet est né en 1970 à Soissons. Il vit et travaille à Chassemy (France). Autodidacte, il se forme néanmoins dans les atliers des grands peintres tels que Ousseynou Saar au Sénégal, Jean Rustin ou Albert Bitran en France et Oswaldo Vigas au Vénézuela. Sélectionné en 1995 par le critique d’art Gaston Diehl, il expose deux grands toiles au musée d’Art Moderne de Nice. Sélectionné en 1995 par le critique d’art Gaston Diehl, il expose deux grandes toiles au musée d’Art Moderne de Nice. Depuis près de trente-cinq ans, les thèmes qui l’inspirent sont l’espace, le territoire et le paysage, présents dès l’origine dans son processus de création. La nature est une source inépuisable de formes à agencer dans un espace couleur-lumière, matière-signe. « Peindre c’est sentir intérieurement et non voir mentalement » Depuis douze ans, la thématique du Dépaysage trouve sa genèse et se cristallise dans le dessin, la gravure ou la peinture. Une présence végétale visible en attente de l’invisibilité. Les livres d’artiste, céramiques et sculptures composent également son quotidien, son travail se construit par couches successives comme un passage du temps, archéologie d’une perception jusqu’à l’image de sa présence. Pour « tenter d’aller au-delà du trait » les accords d’inspiration avec les poètes, les voyages en Afrique de l’ouest et au Maghreb participent à l’élargissement du regard.
Coup de coeur - Musique 1
Libertango
Astor Piazzolla
Libertango a été composé en 1974 à Milan par Astor Piazzolla, compositeur et bandonéoniste argentin. Ce dernier contribue au développement et à la modernisation du tango instrumental, qui se dissocie de plus en plus de la danse. Il appelle cette nouvelle forme « Nuevo Tango » (littéralement « nouveau tango »). Le titre Libertango mélange les mots libertad (liberté en espagnol) et tango, symbolisant le passage de Piazzolla du tango classique au tango nuevo.
Coup de coeur - Musique 2
Suite pour violoncelle n°1 en sol majeur
Jean-Sébastien Bach
La Suite pour violoncelle seul n° 1 en sol majeur est la première des six Suites pour violoncelle de Bach, composées entre 1717 et 1723 dans la ville de Köthen. Son légendaire Prélude d’ouverture, maintes fois repris au cinéma et dans la culture populaire, introduit merveilleusement ses cinq autres mouvements, qui s’enchaînent fluidement à travers de somptueuses danses dont les tempos lents ou plus vifs traduisent tour à tour la joie et la mélancolie. Cette suite lumineuse et expressive représente sans doute l’une des plus célèbres de la série.