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Catherine Barreau

© Marie Périlleux
© Marie Périlleux

Ta

mort

pendant

le Grand

Confinement

À bout de souffle court

Pas de visite Pas de virus Pas d’emmerdeur

Dernière image Dernière fenêtre Derrière la maladie

Un signe de tête Pas de visite Pas de virus Avant l’agonie

Pas d’emmerdeur Je t’emmerderais en venant en vie

T’emmerder en naissant après la Grande

Moins d’une année

Une révolution

T’emmerder

encore

Même

mort

 

*** 

 

Toute une vie à construire des murs Contre quoi

De quel côté le danger Risque de perdre Te placer

hors d’atteinte De quel manque Anémie de quoi

Ta faiblesse Parodie de la force Te placer

Main de fer dans un gant de fer Placer l’honneur

en dehors Au-delà En deçà Et personne à ta hauteur

 

*** 

 

Voir le jour une nuit

Bien vu Mal parti

Insomnies

Rêves blancs

Depuis la nuit

de mon temps

Attendre Attendre l’aube Attendre

Lire Écrire Lire

Rêver Lire

Une autre vie tendre

vers le pire

Odeur de l’ombre

derrière la fenêtre

 

***

 

Devenir un homme pour être un homme Se comporter en homme Un

homme reste une personne même si on n’en fait pas un homme Et puis

Personne n’est personne Un homme reste une personne Pauvre laid faible

puant malade perdu mauvais ruiné fou C’est un homme Une personne

gueularde triste sale bête nulle emmerdante pénible Même lâche même

méchante même assassine même abuseuse Une personne reste une

personne Chaque femme est une personne Même si ce n’est pas un homme

Nulle personne n’est personne

 

*** 

 

Une fille restera la fille de Fille puis la fille de qui Toujours deux fois fille

Fille de qui avant d’être une femme et la femme de qui Et pas que femme

Personne n’est qu’une fille Quand elle était fille la femme était la fille

de qui Devient femme de qui Quand il était garçon l’homme était fils

Devenu homme n’est plus garçon Un homme et un mari et reste le fils de

qui Une fille reste fille de qui en devenant une femme La femme de qui

Et personne n’est qu’une fille Personne n’est que femme

 

Extraits de : Tes cendres / Catherine Barreau – L’Arbre de Diane, 2023 - collection Les deux soeurs

 

 

 

accouchement littéraire à Rome
accouchement littéraire à Rome

Biographie

 

Catherine Barreau vit dans la région de Namur. Elle écrit depuis toujours mais a commencé à publier tardivement. Son premier roman, Quatre attentes, est publié en 2015 chez Academia. Suivent ensuite L’escalier (2016) et La confiture de morts (2020), tous deux publiés chez Weyrich. La confiture de morts a remporté le Prix Rossel 2020. Le livre est également nominé Grand prix du roman de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. 

Bibliographie

 

Tes cendres / Catherine Barreau – L’Arbre de Diane, 2023 – collection Les deux soeurs

La grande profondeur / Catherine Barreau, Weyrich, 2023

La confiture de morts / Catherine Barreau – Weyrich, 2020

L’escalier / Catherine Barreau – Weyrich, 2016

Quatre attentes / Catherine Barreau – Academia, 2015

Mon corps de ferme / Aurélie Olivier - Éditions du Commun, 2023

 

« J’ai vécu 18 ans à l’intérieur d’une ferme

j’ai vécu 18 ans à l’extérieur d’une ferme

j’ai la majorité des deux côtés j’en ai assez des deux côtés »

 

La vie dans les plis / Henri Michaux - Gallimard, 1949 - Collection Blanche

 

« La séance de sac. Je crache sur ma vie. Je m’en désolidarise. Qui ne fait mieux que sa vie ? Cela commença quand j’étais enfant. Il y avait un grand adulte encombrant. Comment me venger de lui ? Je le mis dans un sac. Là je pouvais le battre à mon aise. Il criait, mais je ne l’écoutais pas. Il n’était pas intéressant. Cette habitude de mon enfance, je l’ai sagement gardée. Les possibilités d’intervention qu’on acquiert en devenant adulte, outre qu’elles ne vont pas loin, je m’en méfiais. À qui est au lit, on n’offre pas une chaise. Cette habitude, dis-je, je l’ai justement gardée, et jusqu’aujourd’hui gardée secrète. C’était plus sûr. Son inconvénient – car il y en a un – c’est que grâce à elle, je supporte trop facilement des gens impossibles. Je sais que je les attends au sac. Voilà qui donne une merveilleuse patience. »

 

Lux Feminae / Montserrat Figueras

                                               

Dans cet enregistrement unique en son genre, Montserrat Figueras, en sept portraits couvrant sept siècles (900-1600), rend hommage à la femme en partant de ses sept aspects dans l’ancienne Hespérie, tout au long d’un voyage intérieur qu’elle présente en ces termes : « Lux Feminae est une « agora » musicale, un espace où, à partir de la musique, est invoquée la féminité : son message, sa force, sa souffrance, sa sacralité, sa lumière. Il s’agit de musiques et de textes concernant temporellement le Moyen Âge et la Renaissance, qui ont pour protagonistes des femmes appartenant au monde culturel hispanique qu’il soit de tradition chrétienne, juive ou musulmane, et qui montrent les différentes facettes du mythe riche et profond de l’univers féminin.

https://www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_mB41LIHo1ZONPd1hJfOQIFBMaYHkjhpFM

Mark Hollis (album) / Mark Hollis                                  

 

L’unique album solo de l’auteur-compositeur-interprète britannique Mark Hollis, ancien chanteur du groupe Talk Talk. Un album sorti en 1998.

https://www.youtube.com/playlist?list=PLiN-7mukU_RFZfMW7f8JxfUrJRr0tWZRP

L’Ouragane et l’Orage / Germaine Richier (1948-1949)

 

« Pénétrant pour la première fois dans l’atelier de Germaine Richier, j’eus l’impression d’accéder à ce monde étrange, après les ravages du déluge atomique. » (Brassaï)

Pendant féminin de l’Orage, l’Ouragane personnifie la puissance de la nature. Avec ses bras et ses doigts écartés, créant une impression de vie, elle évoque les corps pétrifiés de Pompéi qui fascinent Germaine Richier. Malgré son visage calme, son corps gonflé semble prêt à libérer, à la moindre expiration, toute la violence des éléments. 

« Mes statues doivent donner à la fois l’impression qu’elles sont immobiles et qu’elles vont remuer », confie l’artiste dont l’œuvre est exposée au Centre Pompidou.

Bill Viola : sculptor of Time - du 21 octobre 2023 au 28 avril 2024  - Musée de La Boverie, Liège

 

La première exposition belge d’envergure internationale célébrant l’œuvre de ce vidéaste inégalé. 

Techniquement éblouissantes, les œuvres de Bill Viola sont à la fois grandioses et intimistes, complexes et étonnement accessibles, spectaculaires et profondément humaines. Et toutes sont traversées par un humanisme au caractère universel. Une exposition présentée par Tempora et le Studio Bill Viola au Musée de La Boverie à Liège. 

 

Rana Gorgani

 

Rana Gorgani (1986) est une danseuse franco-iranienne et ancienne actrice. Elle se produit dans la tradition de danse soufie et est l’une des rares derviches tourbillonnaires au monde. Elle est née en Allemagne d’une mère iranienne et d’un père kurde. Elle a grandi et vit en France. Elle s’est également produite avec le Conservatoire de Paris 20ème. À l’âge de 24 ans, elle décide de se consacrer à la danse et fonde l’œil Persan, la première compagnie de danse en Europe spécialisée dans la danse persane. 

https://www.youtube.com/watch?v=JJf75zjce3E

 

May B. / Maguy Marin

 

pièce pour 10 interprètes

musiques originales :  Franz Schubert, les Gilles de Binche et Gavin Bryars

costumes : Louise Marin

lumière : Compagnie Maguy Marin

May B. est un récit lointain,  reculé, surgi d’un temps sans époque, d’une vie sans ordre ni mesure, d’une tension enfouie dans les rêveries de l’étrange, sans mémoire, sans histoire. La force et la puissance de May B. tient dans la capacité de raconter des histoires de brisures constitutives, de mises au monde et d’enfance, de grognements et de hurlements aboutissant dans l’arc de son récit – anti-théâtral par son extrême théâtralisation – à la reconstitution d’une parade parfaitement expressionniste. C’est une fable matricielle du corps et des corps-à-corps qui met en jeu, dans son opposition à la narration, la forme des errances par des continuités qui enfantent et laissent surgir le dionysiaque comme manière de façonner la continuité d’émotion et de commotion rattrapées par la queue endiablée de l’humour. May B. sait s’inscrire, dans l’invention d’une forme lyrico-grotesque, le renouvellement de ce quelque chose qui est « danser », en gardant devant soi tous les possibles dont « danser » lui-même dispose, les replaçant comme un jeu qui pousse jusqu’à traîner la danse dans la danse. Et le voyage par lequel s’achève l’action rassemble dans quelques valises la rouille de l’histoire de chacun partant vers une destination sans destin, comme la litanie finale, répétée à l’infini dans un bredouillement plaintif, recolle et redistribue toutes les cassures : les danseurs renvoient à chacun des spectateurs l’image rêveuse des Eldorados et des Terres promises, ainsi que les solutions possibles d’une histoire qui noue toute détresse.

https://www.youtube.com/watch?v=3O0XQzUWJHY

 

Laurence Chauvier

 

Née à Charleroi, Laurence Chauvier étudie aux Beaux-Arts de Mons et reçoit le Prix Félicien Rops des Jeunes Espoirs en 1983. Ses gravures mêlent eau-forte et aquatinte pour réaliser des compositions abstraites. 

 

 

“Laurence Chauvier est une grande artiste dont la curiosité l’emmène aux frontières de la sculpture et de la reliure avec une délicatesse brutale." Catherine Barreau

Vertigo / Léon Spilliaert

Vertige, l’escalier magique, 1908

Appelé aussi le Duizeling

 

Vertigo a une valeur artistique particulière. Léon Spilliaert peint une personne solitaire et désemparée qui est à la merci d’un vent fort dans un environnement instable. Il renforce la sensation de vertige en utilisant des contrastes de couleur dure, la structure en spirale de l’escalier et la force d’aspiration de l’abîme noir.

Objectif Plumes (le portail des littératures belges) : https://objectifplumes.be/author/catherine-barreau/