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Martine Rouhart

On rêve la nuit

comme il pleut

de cette eau

intranquille

qui floute

nos paysages

 

*** 

 

Existe-t-il un ailleurs

où blottir nos âmes rapiécées 

où chacun viendrait rêver

dans la tête des autres

 

*** 

 

J’ai des souvenirs aussi lointains

que le bleu des montagnes

une ou deux songeries

dont on ne revient pas

 

*** 

 

Le souffle du poème

ne s’écrit pas

il traverse les mots

et tous les possibles

qui débordent

remuant l’âme

comme feuille 

sous le vent

 

***

 

Un poème

bat aux tempes

et soudain

nous vivons

plus fort

plus haut

que terre

 

***

 

Trouve la source

suis le ruisseau

puis la rivière

le fleuve

et enfin

contemple la mer

l’immensité

comme refuge

ou commencement

 

***

 

Ramassons

un peu d’aube sur la route

un peu de joie à partager

c’est déjà beaucoup

pour vivre le jour

 

Extraits de : Des chemins pleins de départs / Martine Rouhart – Toi Édition, 2024 – collection Des lieux et des visages

 

L’infime 

le perdu l’espéré 

toutes formes d’aile

sont ma mémoire 

poétique 

 

***

 

Peut-être qu’un jour

on verra se lever

des clartés

sur toutes les terres

et des îles

pour raccourcir

les distances

 

***

 

J’écoute respirer 

la terre

les oiseaux 

au bord du ciel

j’écoute chanter 

à voix basse

ce qui vient

de bien plus loin

que nous 

 

***

 

La fenêtre est ouverte

sur la musique 

toujours autre

cent fois la même 

les mots s’engouffrent

dans un poème 

élan vers l’infini

du quotidien 

 

***

 

Le cœur se creuse

d’une telle urgence à vivre

quand m’appelle

la voix des grands arbres

 

inédits – juin 2024

 

 

 

Biographie

 

Martine Rouhart est née à Mons en 1954. Elle a mené une carrière de juriste. Romancière et poétesse, elle publie aussi dans diverses revues et participe à de nombreux ouvrages collectifs et à des livres d’artiste. Elle est aussi Vice-Présidente de l’Association des Écrivains Belges de langue française (AEB) et de l’AREAW (Association Royale des artistes et écrivains de Wallonie). Elle a reçu plusieurs distinctions et prix. Elle est notamment lauréate au Concours littéraire international Amilcare Solferini de poésie de Turin.

Bibliographie

 

Parmi ses publications les plus récentes… 

 

Des chemins pleins de départ – Toi Édition, 2024

L’inconnu dans le jardin – Bleu d’encre, 2023

Il faut peu de mots – Édition du Cygne, 2022

Mouvances de plumes ; avec Patrick Devaux – Le Coudrier, 2022

Les ailes battantes – Meo, 2021

Dans le refuge de la lumière – Bleu d’encre, 2020

Saisir l’instant ; photos de Jackie Fourmiès – JL Giard Éditions, 2020

Les fantômes de Théodore – Murmure des soirs, 2020

Loin des routes agitées – Le Coudrier, 2020

 

 

 

Feu les oiseaux / Anne Perrier - Payot & Rivages, 1975

 

Dans le fond de la cour / Un tilleul oublié / Parfume les abeilles

L’âme hors les blés cette perdrix / Cette pierre / Qui retombe

Ah ! laisse-moi disparaître / Dans le cours vaste et vert / De tes veines

La paix / Tu la retiens dans tes mains / Comme un melon d’eau

 

Dans l’œuvre d’Anne Perrier, poétesse majeure de Suisse romande, dont l’inflexion principale est sûrement la recherche d’un toujours plus grand dépouillement, Feu les oiseaux, paru en 1975, brille d’une manière particulière. Ce livre est composé d’une soixantaine de tercets. La poétesse, dans chaque poème, fait jouer la juxtaposition étonnée de deux phénomènes comme dans un haïku et use simultanément d’images qui recourent à une pensée symbolique. Le frottement de ces deux approches est fructueux, comme s’il démultipliait réciproquement leurs richesses. Un amour intense de la vie terrestre éclaire l’ensemble du recueil. Toute à l’écoute des choses, des paysages desquelles elle participe, Anne Perrier lave les mots ; ils sortent de sa plume, frais, comme « rédimés », prêts à retrouver « le paradis du langage » dont elle rêve qu’il se trouve « en avant de nous ». [Françoise Delorme]

Le jour à peine écrit / Claude Esteban - Gallimard, 2006

 

Qui songerait, même au soir de la plus vive attente, à reconnaître dans ses mots un sillage de ce qui fut ? À peine écrit, le jour appelle un autre jour et nous distance. Sur les pouvoirs de la parole, trop de soupçons, depuis longtemps, ont pesé. Il faut vivre avec eux. Mais le matin est là, l’heure nouvelle est urgente. À tous ces riens de l’air, à ces présences sans profil, il faut un corps qui les accueille, un nom aussi, par-delà tous les signes effacés. [Claude Esteban]

 

Le jour à peine écrit ne se présente pas sous la forme d’une anthologie de poèmes épars. Le rassemblement ici proposé cherche à rendre compte, par de longues séquences, d’une trajectoire d’écriture qui se manifeste et se confirme à travers quatre livres majeurs de Claude Esteban, écrits entre 1967 et 1992 : Terres, travaux du cœur, Le Nom et la Demeure, Élégie de la mort violente et Quelqu’un commence à parler dans une chambre. Le recueil de Claude Esteban, Morceaux de ciel, presque rien (Gallimard, 2001) a reçu le Prix Goncourt de Poésie. 

 

 

Ill. de couverture de : Il faut peu de mots / Martine Rouhart – Cygne, 2022
Ill. de couverture de : Il faut peu de mots / Martine Rouhart – Cygne, 2022

Claude Carretta

 

Amateur de dessin et notamment ce caricature, Claude Carretta découvre l’aquarelle en 1990 et se passionne peu à peu pour le jeu des couleurs et la liberté avec laquelle l’eau disperse les pigments et gère les hasards. Il cherche surtout les ambiances, mises en évidence dans le premier temps de la création, puis, fait naître la lumière dans toute sa force par le jeu des contrastes. Il s’applique à peindre des sujets diversifiés au gré de sa fantaisie : fleurs en vrac ou en bouquet, feuilles d’automne, paysages ruraux et urbains ou marines. Sa rencontre avec Roland Palmaerts a été décisive dans son apprentissage des secrets des couleurs et de la composition et dans la pratique de l’aquarelle vigoureuse et créative qui fait la force et la singularité de cet artiste international. Sa nomination en mai 2010 comme Maître Palm’Arts est venue consacrer la profondeur de cette relation artistique majeure et lui permet, parallèlement à ses activités personnelles, d’évoluer vers la formation dennouveaux aquarellistes. 

https://www.claude-carretta.fr/

Isabelle Simon

 

Installée sur les rives du Blavet en Morbihan, Isabelle Simon est au cœur de la nature qui l’inspire si souvent. Fluidité du mouvement, recherche de matière, expression d’émotions sont des sources qui lui permettent d’avancer dans son travail mais aussi poésie, rythmes et beauté des mots. Elle croise et mélange volontiers les techniques diverses dans ses créations : linogravure, calligraphie, peinture… Toujours en apprentissage, elle avance pas à pas, guidée par les artistes qui partagent généreusement leurs connaissances. 

https://www.isabellesimon-linocalpe.com/

Fratres – Arvo Pärt  - 1994

 

Arvo Pärt est né en 1935 en Estonie. Compositeur, créateur de musique classique, de musique religieuse et de musique contemporaine, il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste. Fratres (Frères en latin) est une de ses œuvres les plus connues. Conçue en 1977, elle l’est comme une musique à trois voix et sans instruments déterminés. Cette première version a engendré à ce jour dix-sept versions pour différents effectifs instrumentaux et qui sont regroupées en deux familles : sept versions de la musique à trois voix originales et dix versions avec les variations solo.

Fratres est une des œuvres les plus connues et jouées du compositeur ainsi qu'une pièce très fréquemment utilisée comme support musical d'œuvres audiovisuelles (film, série et documentaire). 

https://www.youtube.com/watch?v=7vdgZAJVnes

The Astounding Eyes of Rita – Anouar Brahem - 2009

 

Anouar Brahem est né à 1957 à Tunis. Oudiste et compositeur tunisien, il a fortement modifié le rôle traditionnel de l’oud, en le modernisant et en le confrontant aux musiques occidentales, en particulier avec le jazz. Il est considéré comme un musicien moderne, tout en ayant une profonde connaissance de la musique arabe traditionnelle. Anouar Brahem a joué avec de nombreux jazzmen parmi lesquels Jan Garbarek, Dave Holland, John Surman ou encore Jack DeJohnette. 

The Astounding Eyes of Rita est le dixième album du musicien et est paru en 2009. Cet album rend hommage au poète palestinien disparu, Mahmoud Darwich, auquel il emprunte son titre. 

https://www.youtube.com/watch?v=I61TWfKWxdM

 

À paraître en septembre 2024 : Guetter les embellies ; ill. d'Isabelle Simon - Le Coudrier