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Sabine Huynh

© Miriam Alster
© Miriam Alster

Hortus sine ripis

 

Je suis quelque chose fleur

Un jardin des pétales

Quelque chose fleur

Qui s’ouvre et se referme

S’ouvre et s’ouvre et mon cœur 

Jour après jour foliole après folie

Tombe et tombe et s’effondre

Quelque chose fleur

Heure après heurt

Et mes pensées leur devenir

De fruits leur devenir

De rosée de feuilles à foison

Quelque chose fleur

Un indomptable une fugue

Une chevelure une fougue

Des montures de fougères

Une mer d’immortelles

Un déploiement sans nom

Un jardin sans rives

Un glissement sans fin

 

*** 

 

Viola odorata

 

Virginia et Violet

S’écrivent, Virginia et Violet À Venise.

C’est étonnant

Combien votre doigt a su réveiller

Les tréfonds brûlants de mon volcan

Endormi. 

 

Venez, revenez. Violet

Ma femme, indispensable

Humaine, mon kangourou

Ma princesse géante, votre sein

Si sûr, monstre sacré

Votre Sparroy vous attend. 

 

Pauvre Violet, j’ai encore écrit

Lisez, parlez, aimez

Ensemble vivons loin

Des conventions, noyons

Nous dans nos mers

De mots et d’émois. 

 

Quand tout sera envolé

Ne laissez personne

Lire nos lettres odorantes

Désormais feuilles mortes

Fagot de brindilles

D’ardeur éteinte.

 

*** 

 

Ficus Carica

 

Un jardin ressemble-t-il à son jardinier

De la même manière qu’un chien à son maître ? 

Qu’arrive-t-il aux fleurs quand le jardinier meurt ? 

Les enfants piétinent le carré de jonquilles

 

À Monk’s House                                             l’ombre de Virginia pleure

Que faire aux figuiers ?                                 demande-t-elle à Vita

Les fleurs sont colorées                              sévères et droites

Sous les ongles                                               le chocolat sombre de la terre

 

La lumière efface les feuilles                     l’une     après    l’autre

Nous sommes en sécurité                          dans le jardin

Comme au sein d’une écriture                 intemporelle

 

Les poèmes d’Emily refusent la syntaxe

Ils nient les signes encadrant la parole

Comme des gendarmes pyrrhocoris apterus

 

Aux corps de feu                                            punaises envahissantes

Aux pattes enracinées                                 dans le tronc du figuier

Suçant la moelle du texte                           elles emprisonnent

 

La forme en feignant de la finir                une fois

Pour toutes                                                       cernant le silence suspendu

Arrêtant le sens                                               prétendant dévoiler

Le trajet de la pensée                                   masquant les fêlures.

 

 

*****

 

 

Philatelia 

 

Plus tard quand tu crées des herbiers tu apprends à

Ne pas porter les végétaux et les mains

À la bouche, reconnaître

Les plantes toxiques

Retourner aux livres

Lourds

Aux pierres

Larges

Aux planches

Aux lèves, le canif

Le latin le buvard

La buée sur la loupe en verre

Offerte par le grand-père

Pour rêver

Devant les images

Mensongères

Des timbres-poste

Indochinois.

 

*** 

 

Ad flores

 

Toute sa vie revenir aux fleurs avec lesquelles on a vécu

Le souffle retenu

Celles des pissenlits, des trèfles et des carottes sauvages

Où veillent les abeilles

Miracles du jardin cimenté de l’enfance dévastée

Celles qui comblent

Les trous du cœur avec l’obstination des montagnes

Les arméries maritimes

Habillant de magenta les froides falaises atlantiques

Les efflorescences tremblotantes

Du griottier chétif que l’on croyait mourant, pure merveille

Que ses fruits aigres

Les roses rouges du jardin foisonnant des voisins et du Château

De ma mère de Pagnol

Ces corolles s’épanouissant continûment dans les ruines

Poétique extraordinaire. 

 

Je n’ai jamais vu La Lande.

Je n’ai jamais vu la Mer —

Mais je vois ce qu’est la Bruyère

Et je sais ce qu’est la Houle —

Grâce aux jardins traversés en tournant

Les pages de mes cinq herbiers.

 

*** 

 

Convertere

 

Plus tard quand tu traduis Emily Dickinson tu apprends à

 

Lire et relier le poème à voix haute

En partant de la fin, reprendre ton souffle

Aux tirets, résoudre les énigmes avec la Bible

Mais retourner au jardin écouter les abeilles

Au lieu des abbés pour combler les ellipses

 

Étudier le poème comme une fleur

Disséquer et nommer chaque partie 

Compter les étamines et les pistils

Mais réviser ton latin et ta floriographie

Apprivoiser le florilège et le dictionnaire

 

Les oiseaux, les papillons et la mort

Comparer la violette à l’orchidée

La chicorée sauvage à la luciole

Mais séparer le poème des gloses

Demeurer dans le Possible

 

Extraits : Herbyers / Sabine Huynh – Backland éditions, 2024

collection Montrer, c’est dire

 

Ceci n’est pas mon histoire, mais nous sommes nés

dans le même pays ; c’est pour vous que j’écris. 

Je dédie ce texte aux familles et aux amis

vietnamiens d’Ottawa ; à votre force,

à vos cœurs, vos foyers et aux livres fertiles

de vos existences que vous m’avez ouverts. 

Je le dédie aux navires et aux capitaines ; 

sans eux les voix de ces poèmes auraient sombré. 

Aux exilés du monde entier et leurs amis

tel Huynh Sanh Thông qui dédia sa traduction

anglaise de Kim-Vân-Kiêu aux réfugiés

vietnamiens du monde entier et leurs amis. 

Ceci n’est pas mon histoire mais mon choix

 

de l’écrire en poèmes et le vôtre de la lire

en dit long sur notre humanité partagée. 

 

***

 

De ma bouche à ton oreille de mon corps

à ton corps de ma main à ta main offrir

histoires de terre perdue d’eau ruisselant

sur leurs fronts ces embarcations de fortune

dérivant tels des souvenirs égarés

ou sombrant eau salée gonflant poumons

et lèvres glissant vers le grand silence. 

Le bateau est d’abord parti sans eux

mais ils avaient tout vendu pour la tra-

versée du désert d’eau où l’on a soif

Vietnam Cuba Syrie Éthiopie

les réfugiés troquent dangers et langues

contre d’autres presque au bout du monde

Youkali et sa fée restent aux aguets. 

 

Au-delà de la mer, aux confins du paradis

mais c’est un rêve une folie il n’y a pas...

 

** 

 

La grenouille coiffant la tête de la carpe

bondit de la mare pour revenir vers

la paume de la main caressant une histoire

de batraciens et de poissons à écrire

le sort modeste des grenouilles qui dorment

le dos à même la terre battue, capturées

et mises en cage elles crient mais nul ne les entend

les plus chanceuses n’ont pas la bouche arrachée

par d’ardillon ou la pointe d’un hameçon

noyées dans la friture d’oignon et la sauce

de poisson poivrée, des mains jetteront leurs os

sucés dans la cour illuminée par trente-six

étoiles avant de boire le vin qui apaise

l’âme des trépassés, engloutit le buveur. 

 

Son cœur une quenouille de nœuds et de peurs

gonflant, s’amincissant et se regonflant. 

 

Extraits : Prendre la mer : 60 sonnets pour les Boat People / Sabine Huynh ; avec une traduction en anglais (États-Unis) d’Amy Hollowell – Bruno Doucey, 2024

 

© Miriam Alster
© Miriam Alster

Biographie

 

Récipiendaire du Prix européen du jeune talent littéraire francophone Calliope 2015 (décerné par le Cénacle Européen francophone : anciennement association Léopold Sédar-Senghor), Sabine Huynh est romancière, poète, traductrice littéraire et critique. 

Elle est née à Saigon, au Vietnam, en 1972. Elle a grandi en France et vécu de nombreuses années en Angleterre, aux États-Unis, au Canada et en Israël. Détentrice d’un doctorat en linguistique de l’université hébraïque de Jérusalem, elle a d’abord fait des études de littérature anglaise et américaine (université Lumière-Lyon 2), puis de sciences du langage et de sciences de l’éducation (université Lumière-Lyon 2 et université de Cambridge / Homerton College). Elle a enseigné une quinzaine d’années en école, collège-lycée, à l’Alliance française, dans des instituts français et à l’université. Après un post-doctorat en sociolinguistique à l’université d’Ottawa (2008-2010), et la naissance de sa fille en 2011, elle a décidé de se consacrer principalement à l’écriture et à la traduction littéraire.

Elle a participé à de nombreux ouvrages collectifs, anthologies et livres d’artiste, et a œuvré pour des revues littéraires comme Terre à ciel et Diacritik, entre autres, pendant de nombreuses années. Elle a initié et dirigé l’anthologie poétique francophone de voix féminines contemporaines  pas d’ici, pas d’ailleurs, parue aux éditions Voix d’encre en 2012 (co-éditée avec Andrée Lacelle, Angèle Paoli et Aurélie Tourniaire). Elle est co-fondatrice de la micro-structure éditoriale Peham avec l’écrivain Haggaï Linik (édition d’ouvrages collectifs d’arts et d’essais littéraires).

Elle a traduit à ce jour une trentaine de livres, principalement de poésie américaine et anglaise, dont l’œuvre poétique complète d’Anne Sexton (onze recueils, publiés aux éditions des femmes-Antoinette Fouque). Sa traduction de République sourde, d’Ilya Kaminsky, lui a valu le Prix de poésie Alain Bosquet en 2022.

Sabine Huynh a publié une douzaine de recueils de poèmes. Son recueil Kvar lo, paru aux éditions Æncrages, a reçu le Prix de poésie du CoPo en 2017, décerné par la Factorie-Maison de la poésie de Normandie. Prendre la mer est sorti aux éditions Bruno Doucey en mai 2024, et Herbyers, paru aux éditions Backland en juin 2024, est finaliste du prix Guillaume-Apollinaire de poésie 2024. 

La Mer et l’enfant, son premier roman, paru aux éditions Galaade en 2013, s’est retrouvé dans la sélection finale du Prix du Festival du Premier Roman de Chambéry 2013 et du Prix Emmanuel-Roblès du premier roman 2014.

Son deuxième roman, Elvis à la radio, paru chez Maurice Nadeau (collection « À vif »), s’est retrouvé dans la sélection finale du Grand Prix Asie des écrivains de langue française 2024, et a remporté en 2023 le Prix Jean-Jacques Rousseau de l’autobiographie, ainsi que le Prix « Des racines et des mots » de la littérature de l’exil. 

Elle travaille actuellement à son prochain recueil de poèmes pour les éditions Bruno Doucey, ainsi qu’à un essai sur sa relation à l’œuvre de Georges Perec pour les éditions L’œil ébloui (collection « Perec 53 »), et à son troisième roman pour les éditions Maurice Nadeau, pour lequel elle a reçu une bourse de création littéraire du Centre National du Livre en mars 2025. 

Pour plus de renseignements : www.sabinehuynh.com

 

 

Bibliographie

 

Parmi les derniers ouvrages de Sabine Huynh : 

 

Speaking Skin / Sabine Huynh ; translated by Charlotte Mandell – Black Square, 2025

Herbyers / Sabine Huynh – Backland Éditions, 2024 – collection Montrer c’est dire

 

Prendre la mer : 60 sonnets pour les Boat People – Bruno Doucey, 2024

Elvis à la radio / Sabine Huynh – Éditions Maurice Nadeau, 2022

Avec vous ce jour-là : lettre au poète Allen Ginsberg – maelstrÖm, 2016

 

Le travail d’écriture de Sabine Huynh est influencé notamment par : Allen Ginsberg, Diane di Prima, Diane Seuss et Ada Limón.

Elle affectionne tout particulièrement, entre mille autres poètes, Anne Sexton, Emily Dickinson, Muriel Rukeyser et Adrienne Rich. 

Le rêve d’un langage commun (The Dream of a Common Language) / Adrienne Rich ; traduit par Shira Abramovich et Lénaïg Cariou - L’Arche, 2025 - Collection Des écrits pour la parole

 

like this                  I have never seen

my own forces so taken up and shared

and given back

After the long training       the early sieges

we are moving almost effortlessly in our love

 

In the diary as the wind      began to tear

at the tents over us            I wrote:

We know now we have always been in danger

down in our separateness

and now up here together                but till now

we had not touched our strength

 

In the diary torn from my fingers I had written :

What does love mean

what does it mean “to survive”

A cable of blue fire ropes our bodies

burning together in the snow           We will not live

to settle for less                  We have dreamed of this

all of our lives

 

1974

 

***

 

comme ça             Je n’ai jamais vu

mes propres forces si bien acceptées et partagées

et rendues

Après la longue préparation             les premières étapes

nous avançons presque sans effort dans notre amour

 

Dans le journal quand le vent            a commencé à s’en prendre

aux tentes au-dessus de nous           j’ai écrit :

Nous savons maintenant que nous avons toujours été en danger

en bas chacune séparément

et maintenant ici ensemble               mais jusqu’à maintenant

nous n’avions pas touché notre force

 

Dans le journal arraché de mes doigts j’avais écrit :

Qu’est-ce que l’amour

qu’est-ce que « survivre »

Un câble de feu bleu relie nos corps

qui brûlent ensemble dans la neige                 Nous ne vivrons pas

pour moins que ça              Nous avons rêvé de ça

toute notre vie

 

1974

Le livre des morts / Muriel Rukeyser ; trad. de l’anglais (américain) par Emmanuelle Pingault ; suivi de, Cadavres, sous-produits des dividendes / Vladimir Pozner - Éditions Isabelle Sauvage, 2017

 

La route

 

Voici des routes à prendre quand tu penses à ton pays

et que, pris d’intérêt, tu ressors tes cartes,

appelles le statisticien, interroges l’ami cher,

 

lis les journaux avec l’appétit du matin.

Ou quand tu prends le volant et que ta petite lumière

indique le niveau d’essence et l’horloge ; et que les phares

 

indiquent la route à venir, ton souhait persistant

par-delà le carrefour, la fourche, la station-service de banlieue,

la six-voies fréquentée conçue pour la sécurité.

 

Par-delà la zone d’influence de ta grande ville,

hors de son corps : circulation, masses obscures,

se trouvent des villes reculées et solides, avec leurs raisons de se battre.

 

Ces routes t’emmèneront dans ton propre pays.

Choisis les montagnes, remonte les rivières,

franchis les cols. Touche la Virginie-Occidentale où

 

le Midland Trail1 quitte le fourneau de la Virginie,

le fer de Clifton Forge, Covington et son fer, descend

dans la vallée prospère, villégiatures, hôtel de craie.

 

Colonnes et golf ; ville d’eaux ; White Sulphur Springs2.

Aéroport. Des visages riches, satisfaits et pâles comptent marquer

l’histoire des salles de bal, la tradition du premier tee.

 

Les montagnes simples, pures, tachetées de pins sombres

sous le climat capricieux, pluie soudaine du printemps,

rainures de neige, vent sur les contreforts.

 

Ici la terre est rude, raide, armée contre la neige,

rivières et renouveau. King Coal Hotel, Lookout,

et, dévalant en lacets abrupts, New River Gorge.

 

La photographe déballe appareil et étui,

scrute la campagne profonde, poursuit la découverte

en étudiant sur du verre dépoli une image inversée.

 

John Marshall a nommé le rocher (pins pointus, un précipice

qu’il localisa en 1812, et baptisa) Marshall Pillar,

mais plus tard, Hawk’s Nest. Voilà ta route, elle te relie

 

à ce qu’elle signifie : gorge, rocher, précipice.

Télescopée vers le bas, la rivière dure et verte comme pierre

défile vite, droit vers la ville.

La strada / Federico Fellini

Drame - 1955 

De Federico Fellini

Par Tullio Pinelli, Federico Fellini

Avec Giulietta Masina, Anthony Quinn, Richard Basehart

 

Gelsomina a été vendue par sa mère a Zampano, qui la brutalise et ne cesse de la tromper. Ils partent ensemble sur les routes, vivant misérablement du numéro de saltimbanque de Zampano. Surgit Il Matto (le fou), violoniste et poète, qui seul sait parler à Gelsomina.

 

Sabine Huynh aime également tout particulièrement les films d’Andrei Tarkovsky et ceux de Wim Wenders. 

Robert Frank

 

Robert Frank, né le 9 novembre 1924 à Zurich (Suisse) et mort le 9 septembre 2019 à Inverness sur l'île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse), est un photographe et réalisateur suisse, naturalisé américain. Son œuvre la plus célèbre est le livre Les Américains publié en 1958.

Chris Marker

 

Artiste éclectique, Chris Marker est à la fois cinéaste, photographe, caméraman, technicien, poète, journaliste, artiste multimédia, créateur, et baroudeur. Après avoir suivi les cours de philosophie de Jean-Paul Sartre, il rejoint la Résistance comme parachutiste pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est surtout connu pour ses films d'essais cinématographiques, notamment La Jetée et Sans soleil. Son œuvre explore les thèmes de la mémoire, du temps, du voyage, et de l'histoire, souvent avec une perspective poétique et engagée.

Saul Leiter

 

Saul Leiter (1923-2013) était un photographe et peintre américain, pionnier de la photographie couleur. Il est connu pour ses photographies de rue originales et ses compositions picturales, souvent en couleur, qu'il a commencé à expérimenter dès les années 1940.

Robert Rauschenberg

 

Robert Rauschenberg (1925-2008) est un artiste plasticien américain. Ses réalisations vont de la peinture à la gravure en passant par la photographie, la chorégraphie et la musique. Créateur d’un nouveau langage visuel, il joue avec les limites entre l’art et la vie. Rompant avec l’expressionnisme abstrait qui domine à New York dans les années 1950, il mêle des objets de récupération, empruntés au monde réel, à des expressions abstraites. Cet art du collage et de l’assemblage prend le nom de « Combine painting », la série la plus importante et révolutionnaire de l’artiste. À la fois peintre et sculpteur, Rauschenberg est présenté comme un néo-dada et l’un des précurseurs du pop art.

Anselm Kiefer

 

Anselm Kiefer est un artiste allemand, peintre et sculpteur. Il a fait des études artistiques à l'Académie de Düsseldorf avec Joseph Beuys. Il est l'un des artistes internationaux les plus célébrés, courtisé par les collectionneurs et les musées du monde entier. Hanté par l'Holocauste, Anselm Kiefer a d'abord exhumé la mémoire douloureuse de l'Allemagne. Puis il a enfourché les grands mythes de l'humanité. Ses tableaux, lourds de matière et pétris de références, explorent les fondements de l'existence. Ses œuvres, saturées de matière (sable, terre, strates de plomb, suie, salive, craie, cheveux, cendre, matériaux de ruine et de rebut) sont nourries de littérature et de philosophie. Il a été professeur associé ou Collège de France pour l'année 2010-2011, dans la chaire de Création artistique.

Songs of Leonard Cohen / Leonard Cohen

 

Songs of Leonard Cohen est le premier album du chanteur canadien Leonard Cohen, sorti en 1967. Il marque le début de sa carrière musicale, à 34 ans, alors que Léonard Cohen était déjà connu depuis plus de dix ans pour ses poèmes.  De nombreux morceaux de cet album sont devenus des classiques : The Stranger Song, Sisters of Mercy, So Long Marianne.

https://www.youtube.com/watch?v=dbt0U9ZeGMk

Ainda / Madredeus

 

Madredeus est un groupe portugais fondé en 1985, qui mélange les musiques traditionnelles portugaises, le fado, la musique classique et de la musique populaire contemporaine 

(notamment brésilienne). Cet album de 1995 est la bande originale du film « Lisbon Story » de Wim Wenders. 

https://www.youtube.com/watch?v=5DsnFMhrtP4

 The Bends / Radiohead

 

Éclipsé par son brillant successeur (OK Computer), The Bends reste un disque trop souvent oublié alors qu’il compte certainement parmi les meilleurs albums de rock des années 90. Entre rock satiné et pop plus épidermique, ce second opus des cinq garçons du sud d’Oxford est plus mûr, plus lyrique, plus travaillé. Mélodique et mystérieuse, avec des prestations vocales totalement maîtrisées, la voix de Thom Yorke va devenir la signature du groupe. Un album indispensable, qui a influencé la scène anglaise et donné naissance, plus tard, à des formations comme Muse et Coldplay.

https://www.youtube.com/playlist?list=PLMxy067kbpQjgCChmm_YtHei3zmGBnMBs

 Pocket Symphony / Air                

 

Pocket Symphony, sorti en 2007, est le cinquième album du groupe de musique électronique français Air. Les collaborations d'Air avec Neil Hannon de The Divine Comedy et Jarvis Cocker de Pulp font suite à leur collaboration commune à l'album 5:55 de Charlotte Gainsbourg, Nigel Godrich a également produit les deux albums.

https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=7AAB5o3tIcU&t=998s