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Pierre Schroven

Dans un coin de la page

                       un mot danse

Fait tourner l'hélice du coeur

Tend la main au cercle très fermé d'un oeil 

Tirant une pure joie d'exister

Du seul éclat d'un fruit dans une corbeille

 

***

 

 

Ce qui m'est essentiel

Regarder le ciel

Y fixer mon regard

Jusqu'à ce qu'il vole de ses propres ailes

Et s'enroule au vent d'une question

Se tenant du côté muet de la vie

 

***

 

Dans un instant

Les mains heureuses d'amour

Le jour se lèvera

Chantera sous ma peau

Rythmera les pas pressés de la lumière

Et coloriera ce qui est

De tout ce qu'un coeur peut en dire

 

***

 

il y a dans n'importe laquelle de mes journées

Les traces d'une beauté qui regarde le ciel

Adore l'amour la mer les routes

Balaie tout horizon unique

Et habite le rêve silencieux d'un corps

S'habituant peu à peu à se sentir vivant

 

***

 

Être poésie

C'est être lumière

C'est devenir prière rythme chant

Désir en forme d'espace

Clair d'un temps serrant le nœud  coulant d'une vie

                                                      qui sent le soufre

 

inédits – mai 2024

 

***

 

Encore aujourd’hui

le soleil luit

Le jour recommence

S’enroule et se déroule à l’infini

Dans la mémoire des pierres

Couve une beauté qui grandit dans les blés

Et pose son grain de folie

Entre les pages de ma vie endormie

 

***

 

Corps multiplié dansé apatride

Règle son jeu sur l’action du ciel

Ne sait plus où il va

            ce qu’il voit

N’a rien d’autre à faire

Que de mordre avec délice dans la lumière

Et célébrer les mouvements d’une vie 

qui ne s’écrit nulle part

 

***

 

Quand l’identité se dissout

Il nous reste un soi

Qui inclut tout l’univers

Et dicte ce qui sera dans la nuit d’un corps

Écoutant respirer les arbres

 

Extraits de : La merveille d’être là / Pierre Schroven – L’Arbre à paroles, 2024 – collection P.O.M.

Biographie

 

Pierre Schroven est poète et critique. Né dans la région de Charleroi où il réside toujours, il a une formation de bibliothécaire-documentaliste dans le cadre de laquelle il a organisé des ateliers d’écriture en collaboration avec des écoles, des musées et des maisons des jeunes afin de promouvoir la lecture dans les milieux socialement défavorisés. Il a autrefois collaboré à la revue Regart avec la regrettée Mimy Kinet et Claude Donnay.  Il a publié, à ce jour, une dizaine de recueils de poèmes. Parmi eux, Ici, qui a reçu le Prix de la Fondation Jean Kobs en 2021.

Bibliographie

 

La merveille d’être là – L’Arbre à paroles, 2024 

Ici – L’Arbre à paroles, 2021

Haute voltige d’une présence sans nom – L’Arbre à paroles, 2017

Autour d’un corps vivant – L’Arbre à paroles, 2014

Dans ce qui nous danse – L’Arbre à paroles, 2011

Preuves de la vie même – L’Arbre à paroles, 2009

Chemins du possible – L’Arbre à paroles, 2005

États d’âme d’un feu – L’Arbre à paroles, 2003

Matière d’énigme – L’Arbre à paroles, 2003

Contre-jours – L’Arbre à paroles, 2002

Toi, l’instant – L’Arbre à paroles, 2000

Paupières-marée – L’Arbre à paroles, 1992

Histoire de ne pas rire / Paul Nougé - L’Âge d’homme, 1990

 

Instigateur et maître à penser du surréalisme belge, Paul Nougé (1895-1967) est un poète qui s’est tenu volontairement à l’écart du milieu littéraire et qui, tout au long de sa vie, s’est moqué de la notion d’œuvre. Se considérant comme un « ouvrier des lettres » bien plus que comme un artiste, Nougé a constamment affirmé ne pas vouloir laisser de trace : « j’aimerais que ceux d’entre nous dont le nom commence à marquer un peu, l’effacent. »

En fait, ce poète admirablement doué poussait le surréalisme jusqu’à sa plus ultime visée, la ruine de la littérature et la néantisation de son œuvre personnelle ; ce ne sera que grâce à l’amitié vigilante de Marcel Mariën que ses écrits théoriques (Histoire de ne pas rire) et poétiques (L’expérience continue) seront finalement publiés.

Un pigment d’horizon : anthologie / Jacques Kober - La Bartavelle, 1993

 

Poète, essayiste et directeur de publication, Jacques Kober est né à Chartres en 1921. En 1944, il rencontre Aimé Maeght avec qui il crée les éditions Pierre à Feu (publication où des peintres illustrent des textes inédits des écrivains) avant de rejoindre les surréalistes. Après l’ouverture de la galerie Maeght à Paris en 1945, il sera responsable de plusieurs expositions, éditions de luxe et notamment de la revue Derrière le miroir. 

 

En 1947, admirateur d’André Breton, il organise, sous les directives de celui-ci, l’Exposition internationale du surréalisme. Ce fut ainsi qu’il devint le témoin privilégié du renouveau artistique dans la France de l’après-guerre qui le vit fraterniser avec Breton, Nush et Paul Éluard, Guillevic, Char… Dans la foulée, il a écrit des préfaces passionnées pour l’art de son temps : Matisse, Chaissac, Braque, Léger, Marchand, Hartung, Miró, Bonnard dont la plupart illustrèrent ses poèmes fortement « méditerranéens » (Le vent des épines, publié en 1947, fut, par exemple, illustré par Bonnard, Matisse et Braque). En 1956, écoeuré par le milieu littéraire parisien, il entamera un silence littéraire qui durera une vingtaine d’années et se consacrera à la restauration d’un vieux mas situé sur les collines niçoises. Ce n’est qu’en 1973 que, « les mains éblouies » et sous l’insistance d’Eugène Guillevic et de René Char, il reprendra le chemin de l’écriture jusqu’à son décès à Drap en 2015.

Big Sur ou les oranges de Jérôme Bosch / Henry Miller ; trad. de l’anglais ( États-Unis) par Roger Giroux - Buchet Chastel, 2018

 

Il n’y a ni ruines ni reliques dont on puisse rendre compte. Nulle histoire que l’on puisse évoquer. Visage de ce qui a toujours été. La Nature se sourit dans le miroir de l’éternité. Le Big Sur de Miller, publié en 1959 en France, dépeint cette région reculée et sauvage de la Californie, au Sud de San Francisco, que l’auteur habitera jusqu’en 1963. Récit de vie et ode à la nature s’il en est, chronique d’une petite communauté haute en couleur, le texte est une méditation sur la possibilité de vivre heureux avec moins, et de se consacrer à des enjeux spirituels et esthétiques dans un endroit qui évoque une forme de transcendance. Mais comme toujours avec Miller, le récit est ponctué de digressions et de coups de gueule tous plus vivifiants les uns que les autres. Un grand texte, qui mêle profondeur d’une réflexion aux accents extrêmement contemporains sur l’avenir de l’humanité et choix du dépouillement comme ligne de vie, diatribes enflammées sur la société consumériste et somptueuses descriptions d’une terre sauvage et magnifique. 

 Les clochards célestes / Jack Kerouac ; trad. de l’anglais par Marc Saporta - Gallimard, 1963

 

"Sans bourse délier, je quittai Los Angeles sur le coup de midi, caché dans un train de marchandises, par une belle journée de la fin septembre 1955. Étendu sur une plate-forme roulante, mon sac sous la nuque, les genoux croisés haut, je me laissai absorber par la contemplation des nuages tandis que le convoi roulait vers le nord. L'omnibus qui m'emportait me permettrait d'arriver avant la nuit à Santa Barbara où je me proposais de dormir sur la plage. Le lendemain matin, un autre omnibus m'emmènerait jusqu'à San Luis Obispo, ou bien le rapide de marchandises me déposerait à San Francisco à sept heures du soir."

 

Amour et connaissance / Alan Watts ; trad. de Pierre-Henri Gonthier - Almora, 2015

 

Dans cet essai publié en 1958, l'auteur, spécialiste du taoïsme et du zen, maître à penser de la beat generation, dénonce certaines oppositions qui ont fondé la civilisation occidentale. S'appuyant sur les sages d'Extrême-Orient, il préconise un nouvel art de vivre fondé sur le sentir, la spontanéité, ouvrant la voie à une écologie spirituelle et à une sexualité contemplative libérée de l'ego.

 

 

Le théâtre et son double / Antonin Artaud - Gallimard, 1966

 

Celui qui ne verrait dans Le théâtre et son double qu'un traité inspiré montrant comment rénover le théâtre - bien qu'il y ait sans nul doute contribué -, celui-là se méprendrait étrangement. C'est qu'Antonin Artaud, quand il nous parle du théâtre, nous parle surtout de la vie, nous amène à réviser nos conceptions figées de l'existence, à retrouver une culture sans limitation. Le théâtre et son double est une œuvre magique comme le théâtre dont elle rêve, vibrante comme le corps du véritable acteur, haletante comme la vie même dans un jaillissement toujours recommencé de poésie.

 

Papiers collés / Georges Perros - Gallimard, 1987

 

Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref, comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats.

Carolyn Carlson

 

Carolyn Carlson, née en 1943 à Oakland en Californie, est danseuse, chorégraphe, poète et calligraphe. Franco-américaine, elle est une grande figure de la Nouvelle danse française et a joué un rôle central dans la promotion de la danse contemporaine en France et en Italie avec le GRTOP à l’Opéra de Paris et le Teatrodanza à La Fenice. Auteur de plus d’une centaine de pièces, elle est la fondatrice de l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson à La Cartoucherie en 1999 et a été la directrice du Centre chorégraphique national Roubaix-Nord-Pas-de-Calais. Elle a fondé également la Carolyn Carlson Company, associée au théâtre national de Chaillot de 2014 à 2016.

https://www.youtube.com/watch?v=BZ_CF6UT1o4

Léon Spilliaert

 

Léon Spilliaert est né à Ostende en 1881 et est mort à Bruxelles en 1946. Peintre, dessinateur, illustrateur et lithographe belge, il a fréquenté le milieu du symbolisme belge, dont Maeterlinck et Verhaeren. Ses influences vont de Edvard Munch à Fernand Khnopff mais aussi Nietzsche et Lautréamont, tandis que ses peintures ainsi que les thèmes qu’elles représentent peuvent être rapprochés de ceux d’Edward Hopper, contemporain de Spilliaert. Il fut également proche de James Ensor. Fils d’un parfumeur, il se montre quelque peu renfermé, introverti, sensible et rêveur dès son plus jeune âge. Il s’intéresse aux arts plastiques, à la lecture et à l’écriture. Taiseux et mélancolique, il ne sort que la nuit et parcourt inlassablement les rues d’Ostende. Il dessine, au lieu de suivre des leçons, des croquis étranges dans ses cahiers. La mer, les forêts et la campagne jouent un rôle important dans son oeuvre. À l’âge de dix-huit ans, il fréquente brièvement l’Académie des Beaux-Arts de Bruges mais est essentiellement autodidacte. Je suis un mauvais interprète des rêves des autres, j’en ai trop moi-même, écrit-il à Edmond Deman en 1907.

 

 

Henri Michaux & ses idéogrammes

 

Les univers, poétique et pictural, d’Henri Michaux sont animés par la même exigence : celle d’une non-pesanteur, d’une dynamique où la peinture et la parole se rejoignent à la recherche d’une langue intime. De l’importance d’écrire, pour Henri Michaux, l’indicible. 

Le cercle des poètes disparus

 

1990

Comédie dramatique de Peter Weir

avec Robin Williams, Ethan Hawke, Robert Sean Leonard

 

Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l'une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études. C'est dans cette université qu'il va faire la rencontre d'un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l'ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l'étudiant réservé et de ses amis...

Le grand bleu

 

1988

Drame, aventure, romance de Luc Besson

avec Jean-Marc Barr, Jean Reno et Rosanna Arquette

 

La rivalité de deux enfants, dans la mer, en Grèce, qui se poursuit lorsqu'ils sont adultes. Lequel des deux plongera le plus loin et le plus profond ? Leurs amours, leurs amitiés, avec les humains et avec les dauphins, à la poursuite d'un rêve inaccessible.

 

Dead Bees on a cake / David Sylvian

 

David Sylvian, de son vrai nom David Alan Batt (né le 23 février 1958 à Beckenham dans le comté de Kent) est chanteur, musicien et compositeur. Il débute très jeune comme chanteur et auteur-compositeur du groupe Japan très reconnu au Japon avant d’entreprendre une carrière solo influencée par des styles et genres musicaux variés, incluant jazz, musique électronique, ambient et rock progressif. Moins reconnu en Europe, son groupe a certainement influencé les groupes de new-wave, grand courant des années 80. La personnalité et le style du chanteur font aussi écho à ceux de David Bowie et l’on retrouve beaucoup de similitudes entre les deux artistes. Dead Bees on a Cake est le cinquième album solo de David Sylvian, sortie en 1999.

Bref, alliant sa voix de soul à un raffinement musical et à une élégance de textes, mariant musiques populaires et expérimentales, David Sylvian est un ovni de la pop, un artiste rare au service d’une musique rare… 

https://www.youtube.com/watch?v=W7UsZkToj3g&list=PLfimnwaZdumjn_G_f6-J0V908TCr14Lii

 

 

Illustrated Musical encyclopedia / Ryuichy Sakomoto

 

Ryuichy Sakamoto est né en 1952 à Tokyo et est mort en 2023 dans la même ville. Il est musicien, compositeur, producteur de musique et acteur japonais. Connu initialement pour avoir fait partie du groupe de musique électronique Yellow Magic Orchestra (YMO), il devient célèbre internationalement pour la composition de ses musiques de films, notamment celles de Furyo et du Dernier Empereur, qui lui valent respectivement un BAFTA en 1984 et un Oscar en 1988. Fils d’un célèbre éditeur (Kazuki Sakamoto), Ryuichy a commencé très tôt le piano et la composition. Il est inspiré à la fois par la musique impressionniste, notamment celle de Claude Debussy, et par le pop rock des Beatles et des Rolling Stones en vogue à l’époque. Il suit des cours à l’Université des Beaux-Arts et de musique de Tokyo où il étudie la composition ainsi que la musique électronique et ethnique. Il se spécialise dans l’ethnomusicologie marquant son intérêt pour les musiques du monde et tout particulièrement la musique d’Okinawa, la musique indienne et africaine. En 1975, il publie un premier album en collaboration avec le percussionniste Tsucitori Toshiyuki, Disappointment-Hateruma. À la fin des années 1970, il travaille comme claviériste pour plusieurs autres musiciens, s’occupe de l’arrangement des premiers albums de Taeko Onuki avant de collaborer avec Haruomi Hosono, proposant des compositions pour les albums Paraiso et Pacific. 

Le premier album solo de Sakamoto, co-réalisé avec Hideki Matsutake et Hosono, Thousand Knives, est enregistré en 1978. L’album expérimente plusieurs styles de musiques comme la musique électronique sur les morceaux Thousand Knives et The End of Asia où celle-ci est fusionnée avec de la musique japonaise traditionnelle ou la musique minimaliste sur le morceau Grasshoppers. 

https://www.youtube.com/watch?v=UhWImmCZ9RY