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Page de poésie

“Petit Peuple”, encre, gouache, acrylique, café, liquides organiques sur papier.

La page Poésie vous propose de découvrir des poètes contemporains. Avec l'accord et l'aimable collaboration des auteurs.


Otto GANZ

S'il fallait anticiper le vide qui précède

chaque homme, cela ne pourrait se faire

qu’en tenant compte de l’infinité des

imprévisibles. Autant dire qu’on serait

dévoré, mastiqué, avalé par le doute.

(..)

Aucune logique à trouver dans tout ceci.

Tout au plus la routine d’une humanité

grouillante avec des buts précis, parmi

laquelle errent certains, sans but, mais

toujours avec cette même affairée volonté

de prévision.

(..)

Espérer qu’il suffit de croire à la lumière

pour comprendre aussitôt qu’il est impossible

d’ouvrir grand les yeux sans risquer

l’aveuglement définitif.

(..)

S’il est stupide de demander à un homme

d’aller mieux, il est impératif de ne

jamais lui laisser croire que s’arrêter est envisageable.

(..)

La parole comme le silence tuent et sauvent

tout à la fois et au même instant. Je n’est

qu’un affront à l’équilibre.

(..)

À tout qui demandera ce que l’on trouve

au fond du puits, le moins courageux ne

pourra montrer que la monnaie de ces

vœux qui ne s’y sont qu’oxydés.

(..)

Ne jamais croire qu’un homme perd pied

parce que le sol se dérobe sous ses pas. Un

homme ne perd pied que lorsque ses genoux

refusent de soutenir sa masse spirituelle.

(..)

Le fond d’un puits est à ciel ouvert.

Quiconque veut partir est libre, mais au

moins par l’escalade, au plus la lévitation,

au mieux l’élévation. Au-delà du processus,

une question : où aller ?


Extraits de : Du fond d'un puits - MaelstrÖm, 2017


Nous marchons

contre l'immense mort

contre l’énorme vent puant

de sa respiration

Contre le föhn fiévreux

des marinades de son flegme

Et nous touchons

les châsses de nos sexes

pour apaiser nos peurs

" Ici repose "

tel qu’égaré

hors les garennes des dieux

où il engraissait

avançant contre l’opaque

et ses ourlets de suif

le souffle courbé

par le temps

trop souple et engourdi


Extraits de : Ecce Homo ; avec Werner Lambersy - MaelstrÖm, 2002


Otto GANZ, poète, romancier et plasticien, est né en 1970.

En 2011, il fonde le Manifeste de Figuration contemplative.

Otto Ganz aime collaborer avec d'autres artistes ; il a notamment écrit à quatre mains avec Werner Lambersy, puis, avec Daniel De Bruycker.

En mars 2004, il reçoit le Prix Émile Polak, puis, en mars 2018, le Prix triennal Eugène Schmits, tous deux attribués par l’Académie de langue et de littérature françaises de Belgique.


Bibliographie partiale


Poésie

Ecce homo : jeu-parti avec Werner Lambersy – MaelstrÖm, 2002

Leçons de souffle – Le Taillis Pré, 2003

Architecture des geôles ; avec Daniel De Bruycker – L'Amourier (collection D’Aventures), 2003

Les images de Marc ; avec Marc Ganz – MaelstrÖm, 2007

Voyage au pays des songes - Le chant du cygne, 2007

Pavots - Le chant du cygne, 2010

Mille gouttes rebondissant sur une vitre – L’Arbre à paroles (collection P. O. M.), 2015

Du fond du puits – MaelstrÖm, 2017


Romans

Aline – Les Éperonniers, 1998

Sarcophage – MaelstrÖm, 1999

aTCHoum, fables et osselets – Les Éperonniers, 2000

La vie pratique – Éditions Blanche, 2001

L’arbre d’Apollon – MaelstrÖm, 2002

On vit drôle ; avec Anne Guilbault – MaelstrÖm, 2005

La toute fine ombre des fleurs ; illustrations de Catherine Amathéü – MaelstrÖm, 2006