Logo BL'A Braine l'Alleud

Géographie

Le temps nous échappe... mais pas l'espace !

L'origine des  noms de "Braine-l'Alleud" et des villages ...

Braine-l’Alleud, Eigenbrakel, est une cité sise en "Roman Pais" dont le nom apparaît dans les documents écrits dès le XIIe siècle.

Son nom a pour origine, d’une part, le terme Brania, vocable d’origine romaine ou celtique, en néerlandais, Brakel (brakena- bracna- bragonna en celtique signifie rivière fangeuse) qui est l’ancienne appellation de la rivière le Hain, et d’autre part celui de Alleud, en néerlandais,  Eigen, faisant référence  au mot alleu, qui signifie terre franche -  dérivant du terme francique reconstitué al-ôd, voulant dire totale propriété - c'est-à-dire en pleine propriété, affranchie de toute obligation ou redevance, eu égard à l’alleu que possédait à cet endroit le Duc de Brabant,comme le spécifie Henri 1er dans un acte de juin 1197 par lequel il met fin à un différend qui l’opposait au chapitre Notre-Dame de Cambrai.

Ce dernier nom (alleud) fut sans doute accolé au premier (braine) pour distinguer la localité des trois autres du même nom qui l’avoisinaient (Braine-le-Château,  Wauthier-Braine, et Braine-le-Comte).

Le nom Ophain  (op-hain) provient de upa, signifiant supérieur, et haima, signifiant habitation. Ophain aurait donc pour signification habitation supérieure, d’en haut ou sur la hauteur. Un glissement sémantique le fit traduire par haut-hain, ce qui amena à appeler le cours d’eau Hain, son ancienne appellation étant Brania.

  • Bois-Seigneur-Isaac, del Bos (1210)  de Boscho (1212) , se rattache par l’origine à un chevalier portant le nom d’Isaac. Selon la tradition, ce personnage qui appartiendrait au lignage d’Ittre, aurait, au XI e siècle probablement, fait planter près de son manoir un bois, nommé depuis et jusqu’à nos jours le "Bois planté".
  • Lillois, Lentlo (966), Lentlos (1147), Lenlo (1148), Lenlos (1213), provient du germanique lindo, (tilleul) et lauha, petit bois espacé sur terrain sablonneux élevé, signifiant dès lors Bois de Tilleuls.
  • Witterzee, Witrezeis (1225), Wittresees (1238), Witerzeies (1253), Witerzees (1254). Ces graphies font penser à Witteriaca (villa) refermant le nom de personne germanique Wittirich, Wittric.

Les trois villages qui composent actuellement Braine-l’Alleud se sont érigés dans la vallée du Hain : Lillois et Braine sur le versant droit, Ophain sur le versant gauche, délaissant ainsi la plaine alluviale très humide entourant l’ancien château fort situé jadis rue du Château.

Braine-l’Alleud, se positionnant à 50,41° de latitude nord et à 4,22° de longitude est, est entourée des communes de Rhode-saint-Genèse, Waterloo, Lasne, Genappe, Nivelles, Ittre, Braine-le-Château, Hal et Beersel et  dépend de l’arrondissement de Nivelles.  

La terre et le socle

Le sol, rencontre du monde minéral et du monde vivant, est, dans notre région, de texture limoneuse et sableuse, de couleur beige-ocre, et  s’étend en une couche quasi continue sur tous nos bas-plateaux. Ce sol limoneux, intensément soumis à l’influence des eaux d’infiltration entraînant les particules les plus fines en profondeur, a créé ainsi une couche argileuse et compacte qui a servi à la fabrication des briques, de couleur rouge foncé, cuites au four de campagne. Les briqueteries, très prospères au début du 20e siècle, étaient principalement situées dans le quartier de Merbraine, route du Lion, avenue de la Bonne Fosse. Le four continu de la plus importante briqueterie de Merbraine fut mis hors service en 1967, date qui marque la fin de l’industrie briquetière dans la région.

Un fait historique curieusement relaté par la carte des sols permet de conclure que la couche limoneuse a été enlevée  en 1826 sur une superficie de plus 10 hectares pour construire la butte du Lion (étendue située entre la route du Lion au nord, la chaussée de Charleroi à l’est, la butte du Lion à l’ouest et   une ligne joignant la butte au mur méridional  de la ferme de la Haie-Sainte à Plancenoit. De la route du Lion (entre la butte et le monument Gordon) se distingue à l’heure actuelle encore un talus qui semble former la lisière sud de la zone.

Les sables bruxelliens (dépôts marins appartenant au système éocène – début de l’ère tertiaire (de -66 à -37 million d’années), constitués de sables jaunâtres moyens à grossiers, contenant des bancs brunâtres de concrétions ferrugineuses, ont été extraits durant de nombreuses années dans plusieurs sablières. Leur localisation fut dictée par la présence de versants raides facilement exploitables car dépourvus de terrains limoneux de couverture, ceux-ci ayant été balayés par l’érosion. À titre d’exemple, on peut citer les sablières du Foriest à Sart Moulin, du Hautmont le long de la route Ophain-Noucelles, du Cuisinier sur l’ancien chemin Bruxelles-Nivelles, du Culot à l’ouest du plateau de l’Ermite. Les sablières d’Alconval sont toujours en activité. Les autres ont été comblées avec des immondices ou des déchets inertes. La vaste sablière du Foriest est actuellement recolonisée par une faune et une flore abondantes, retransformant le lieu en îlot de vie sauvage et zone à caractère social pour la cité de demain.

À certains endroits, les couches de sable bruxellien étaient recouvertes de sables lédiens contenant des bancs de grès calcarifères jadis exploités comme pierres à pavés et moellons sous le nom de pierre de marne. Les puits d’extraction, qui tous ont été comblés, étaient nombreux sur les hauteurs de Braine, Lillois et Ophain. Les archives épinglent à ce sujet un accident qui, heureusement, ne se mua pas en tragédie : le samedi 26 avril 1902, un effondrement produit une excavation de cinq à six mètres de diamètre et de quatre à cinq mètres de profondeur, sur la place de la Station. L’explication avancée était l’existence à cet endroit d’un ancien " trou à marne ", donnant dans des galeries rayonnantes servant à l’extraction de la marne. Les personnes âgées se souviennent de ces nombreuses béances mais surtout de cette industrie florissante qu’engendra la découverte de la marne, gagne-pain des paveurs de Braine et du Chenois. 

Le relief et les eaux

Une vue synthétique du relief de Braine-l’Alleud fait apparaître deux entités : d’une part un plateau horizontal oscillant entre 125 et 160 mètres, dont le point culminant est le Bois du Callois, dominant à 162,5 mètres, situé à l’est de la ferme de la Neuve-Cour à Lillois et d’autre part, une vallée, celle du Hain, inscrustée dans ce plateau. 

La vallée du Hain vient rompre la monotonie des surfaces. De lillois (point le plus haut de la plaine alluviale - 120 mètres -) à Ophain, le Hain s’oriente du sud-est au nord-ouest. La partie Ophain-Braine, plus longue, lui est perpendiculaire. De Braine à Mont-Saint-Pont, le tracé suit une ligne nord-sud, avant le grand coude en direction de l’ouest, vers Braine-le-Château (point le plus bas de la plaine alluviale (67 mètres)  et jusqu’à  Clabecq où le Hain se jette dans le canal de Charleroi. Vue du haut, la vallée du Hain dessine un grand lacet suivant nonchalamment l’inclinaison du plateau.

La limite orientale de la commune suit approximativement la ligne de partage des eaux de la Senne et de la Dyle de même que  la limite méridionale longe la ligne de faîte Hain-Thines.

À l’ouest de Bois-Seigneur-Isaac, le territoire brainois descend dans la vallée du Ri Ternel jusqu’à 250 mètres de l’église de Haut-Ittre. Au plateau des Sept-Fontaines, il empiète sur le bassin du Meerbeek (les ruisseaux alimentant  les étangs des Sept-Fontaines ainsi que le Zonienbosbeek longeant le bois de Hal appartiennent au bassin du Meerbeek, qui arrose Alsemberg et Dworp).

Les principaux affluents de la rivière le Hain sont la Légère Eau (confluent à l’Estrée, en aval de Braine, qui arrose Merbraine et le Ménil), le Ri Patiau (venant du Chenois à Waterloo, le Ri des Vervois (issu des bois du Foriest et d’Ophain, le Ri de Hamme (venant du bois de Hamme et passant au pied du promontoire d’Odeghien).

Les captages

Les captages de nombreuses sources alimentant le Hain, opérés depuis le milieu du XIXe siècle pour la distribution d’eau de la ville de Bruxelles, ont considérablement réduit le débit de la rivière.

Les travaux de captage et les ouvrages de superstructure ont modifié le visage de la commune au point que le paysage urbain ne peut se comprendre sans en évoquer quelques faits historiques et techniques.

Deux raisons expliquent le choix de la région de Braine-l’Alleud et Lillois comme zone de captage de la première distribution d’eau de la ville de Bruxelles : d’une part la proximité de la capitale et d’autre part la richesse de la nappe aquifère des sables tertiaires qui contiennent, dans les vides laissés entre les grains de quartz, d’importantes réserves d’eau. Le niveau supérieur de la nappe se trouve à quelque profondeur sous le niveau des plateaux tandis qu’elle affleure dans les vallées les plus profondes. La présence d’une couche argileuse ou argilo-sableuse favorise l’apparition des sources dans les versants. Les lieux proches des sources offrent un intérêt écologique indéniable, ce qui explique qu’actuellement, les zones de captage sont étendues et de mieux en mieux protégées des pollutions. Elles occupent une superficie totale d’environ 200 hectares pour le grand Braine. Ces espaces, au couvert végétal naturel de nos contrées, favorisent la présence d’une avifaune variée.

Un petit rappel historique !


La convention passée entre la commune de Braine-l’Alleud et la ville de Bruxelles, signée le 16 janvier 1854, mentionne la cession par la première d’un certain nombre de sources et le droit, pour la seconde de construire à travers la localité un aqueduc d’amenée, moyennant paiement d’une somme de vingt mille francs !

Les sources dites supérieures, captées entre les cotes 92 et 120, arrivent par gravité à Bruxelles ; les sources dites basses, captées entre 82 et 90, sont relevées à l’aide de pompes mécaniques, mues initialement par machine à vapeur, actuellement par moteur électrique, et sont rejetées dans l’aqueduc d’amenée. Cet aqueduc sis à la rue des Piles,  inauguré en 1855, part de l’usine hydraulique de la rue des Eglantiers à la cote 91,60. Il entre au bois de la Cambre à la cote 89,40 après un parcours 15,188 kilomètres où l’eau s’écoule vers Bruxelles par gravité.

En 1933, la C.I.B.E  - devenue VIVAQUA en 2006 - se substitue à la Ville de Bruxelles et devient propriétaire des captages. L’ancien aqueduc a été mis hors service. Il est remplacé par une superstructure mise en service en 1972, construite non loin de la ferme Tout-lui-Faut au plateau de l’Ermite. Les eaux ne s’écoulent plus vers Bruxelles par gravité comme dans l’aqueduc initial, mais par pression. Le débit journalier moyen des captages du Hain, mesuré à l’usine hydraulique de Braine, s’élève actuellement à environ 24.000 mètres cubes. Il eut tendance à diminuer ces dernières années en raison de l’extension des lotissements. En effet, l’urbanisation contribue à restreindre les surfaces de sol dénudé, d’où résulte une diminution appréciable de l’alimentation des nappes aquifères.

Les Brainois ne boivent pas l’eau de captage des sources du Hain. La commune est branchée sur une conduite amenant les eaux de la Meuse (recueillies à Tailfer), du Bocq (recueillies à Spontin) et du Houyoux (recueillies à Modave), aboutissant au nouveau réservoir du Callois à Lillois.

La géomorphologie


La géomorphologie ou étude des formes du relief attribue les nombreuses dissymétries observées sur le territoire brainois aux conditions climatiques froides des périodes glaciaires. Les versants exposés à l’ensoleillement de l’après-midi, soumis à un dégel plus fréquent et plus intense, auraient subi l’attaque de l’érosion par sapement à la base des pentes.

La vigueur de certains flancs étonne parfois telle la rue Kattekop, descendant de la Grand-Place de Braine, qui a dû être aménagée en escaliers. Le rebord du plateau dominant à l’est des étangs des Sept Fontaines est incliné à 12,5 degrés. Le record communal est détenu par le versant droit du vallon du Zonienbosbeek, dans le Bois de Hal, dont la pente atteint à un endroit 35 degrés.

De nombreuses pentes furent atténuées au cours des siècles, notamment dans les secteurs défrichés, où les eaux de surface ont exercé leur action lente mais ininterrompue arrachant les particules les plus fines aux endroits élevés en les entraînant au bas des versants. 

À cette érosion naturelle s’ajoute celle de l’action indirecte de l’homme et notamment l’emploi d’engins agricoles lourds tassant les terres, l’usage des engrais chimiques moins favorables à une bonne texture particulaire des sols et la tendance à l’uniformisation des cultures sur de grandes étendues. C’est la raison pour laquelle les bois, qui n’ont jamais été défrichés, ont conservé les vallons dans leur forme originelle et leur relief mouvementé.
 
Les chemins creux...
 

Les chemins creux, résultat du passage incessant du charroi et du ruissellement, font partie de nos paysages pittoresques et variés. Ornés de végétation ou taillés dans les bois, ils sont particulièrement attirants et méritent toute notre attention. Citons le chemin dévalant le bois du Foriest en direction de Noucelles, le chemin reliant le bas du quartier Saint-Zèle au Bois du Foriest, la rue de la Chiennerie bordée de saules où se profile le clocher de l’église Saint-Etienne, le tronçon inférieur de la rue Longue, le chemin Lazard au Triage des Sept-Fontaines, les chemins allant des fermes Bertinchamps et Faut-Bien, situées respectivement à Ophain et Lillois à la ferme Grand-peine sous Witterzee… D’autres vallons sont caractéristiques, tels ceux de la ferme de la Graignette à Braine, de la Tour des Vaux à l’ouest de l’église de l’Ermite et les fonds humides à l’ouest au lieu-dit les Hayettes.

L’urbanisation


Parmi les facteurs géographiques d’explication du développement de l’urbanisation, les axes de communications ont été prépondérants.

De 16.969 habitants en 1961, le Bourg de Braine-l’Alleud est devenu aujourd’hui une cité moderne de près de 40.000 habitants.

La ligne de chemin de fer, inaugurée en 1874 et électrifiée en 1950 a certainement aiguillonné la construction des logements dans les quartiers situés à l’est, peu habités à cette époque, du Ménil, de Saint-Sébastien et de la Barrière.

Le ring A202, inauguré en 1978 a noué en une large boucle le faisceau de routes convergeant vers Braine-l’Alleud , ce qui a eu pour conséquence immédiate l’essor des villages de Lillois et Ophain-Bois-Seigneur-Isaac.

D’autres facteurs expliquent le développement urbain et notamment la politique foncière pratiquée par le pouvoir politique durant les années 1959 à 1979, à savoir l’affectation en zones dédicacées aux lotissements de 25% de la surface agricole, passée de 3.749 hectares en 1959, soit 70% de la superficie cadastrale, à 2.809  hectares en 1979, soit 54% de la superficie cadastrale. 

Commune  fusionnée aux deux localités à caractère essentiellement rural que sont Lillois-Witterzee et Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, Braine-l’Alleud est devenue un pôle attractif à bien des égards en raison de ses excellentes voies de communication et de la gamme de services qu’elle offre.
 
 

Extraits d’un article intitulé   " Le milieu géographique " rédigé par G.-H.Everaerts, licencié en sciences géographiques, membre correspondant de la Commissions Royale des Monuments et des Sites, publié dans " Braine-l’Alleud, son histoire d’hier et d’aujourd’hui ", Edition culture et civilisation, 1982, à l’occasion du 850e anniversaire de la première trace écrite de Braine-l’Alleud.

 

English version